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1864

La Soif

Léon DIERX

La cuirasse à nos reins bouclée, Dans une lutte sans merci, Nous nous sommes jetés, ainsi Que des bretons dans la mêlée.

Ainsi donc soit ! Et jusqu'au soir Tenons tête dans la bataille, Haut la visière, et haut la taille, Sans lâcher pied, sans nous asseoir !

Champions du beau qu'on lapide, Que le sort nous trahisse ou non, Faisons flotter notre pennon Par-dessus la clameur stupide.

Puisque pour nous les durs chemins, Quand nous regardons vers la terre, N'ont point d'eau qui nous désaltère, A notre flanc portons les mains ;

Et, ruisselants d'éclaboussures, Pour revivre du même espoir, Buvons, ainsi que Beaumanoir, Le sang tout chaud de nos blessures !

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