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1867

LA BEAUTÉ

Léon DIERX

La laideur, la bêtise et la férocité, Partout, semant l'effroi, sont là, toujours sereines ; Car la vie aussitôt proclama les trois reines Que ne saurait abattre aucun glaive irrité.

Par instants, tu surgis, pur reflet d'Astarté, De la mer fabuleuse ou des eaux souterraines, Et les yeux, les esprits, les cœurs, tu les entraînes Dans un troupeau béant qu'emplit ta majesté.

Tu viens, tu luis et meurs ainsi qu'un météore, Tu créas le poète, et le héros t'implore, Ton regard illumine et le ciel et l'enfer. Tout le génie est fait de garder ta mémoire,

Tu veux que la vertu pâlisse à ton éclair, Et l'énigme éternelle a ton secret pour gloire

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