Skip to content
1843

SOLITUDE

Marceline DESBORDES-VALMORE

O mes rêves ! mes prières ! O mes ailes pour les cieux ! Quand les deux mains sur les yeux, J'allumais sous mes paupières

Mille tableaux enflammés, Tissus de rouges étoiles, Comme elles courent aux voiles, Par l'incendie allumés !

Où sont, où sont tous les anges Qui descendaient dans nos fleurs, Pour les teindre des couleurs De leurs fluides phalanges :

Qui légers et triomphans, Riaient au-dessus de terre, Et de chants pleins de mystère, Berçaient les petits enfans ?

Timbre du temps, voix touchante ! À l'heure où le riche dort, Laissez-lui les rêves d'or, À moi le travail qui chante :

Sonnez, voix du temps, sonnez, Puisque dans ma solitude, Pour m'éveiller à l'étude, C'est vous seule qui venez !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
SOLITUDE · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove