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1860

SELON DIEU

Marceline DESBORDES-VALMORE

Mère, un cheval est à la porte : Il demande la charité. — Vite, du foin, qu’on le lui porte ; Il en sera réconforté.

Cheval, dis à Dieu, notre maître, Qu’avec joie et sans te connaître, Et nourris de sa charité, Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un ramier est à la porte : Il demande la charité. — J’ai là du bled, qu’on le lui porte ; Il en sera réconforté.

Ramier, dis à Dieu, notre maître, Qu’avec joie et sans te connaître, Et nourris de sa charité, Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un enfant est à la porte : Il demande la charité. — Tout notre lait, qu’on le lui porte : Il en sera réconforté.

Enfant, dis à Dieu, notre maître, Qu’avec joie et sans te connaître, Et nourris de sa charité, Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un vieillard est à la porte : Il demande la charité. — Du vin, du vin, qu’on le lui porte ; Il en sera réconforté.

Vieillard, dis à Dieu, notre maître, Qu’avec joie et sans te connaître, Et nourris de sa charité, Nous l’avons bien réconforté.

Mère, un coupable est à la porte : Il demande la charité. — Ce manteau blanc, qu’on le lui porte ; Nous l’aurons réhabilité.

Ami, dis à Dieu, notre maître, Qu’avec joie et sans te connaître, Et brûlants de sa charité, Nous t’avons réhabilité.

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