Regarde-le, mais pas longtemps !
Un regard suffira, sois sûre,
Pour lui pardonner la blessure
Qui fit languir mes doux printemps.
Regarde-le, mais pas longtemps !
S’il parle, écoute un peu sa voix !
Je ne veux pas trop t’y contraindre ;
Je sais combien elle est à craindre,
Ne l’entendît-on qu’une fois :
S’il parle, écoute un peu sa voix !
Tu ne haïras plus son nom,
Ce nom mêlé dans ma prière ;
Tu l’écouteras tout entière,
Sans courroux, sans reproche : oh ! non !
Tu ne haïras plus son nom !
Au fond du cœur tu m’entendras,
Quand je dis : J’ai cessé de vivre ;
Quand je refuse de te suivre ;
Enfin, quand tu le connaîtras,
Au fond du cœur tu m’entendras !
Tais-toi, s’il demande à me voir :
J’ai pu fuir sa volage ivresse ;
Mais me cacher à sa tendresse,
Dieu n’en donne pas le pouvoir :
Tais-toi, s’il demande à me voir !
Si je l’accusais devant toi,
Appelle un moment son image.
Avec le feu de son langage,
Défends-le par pitié pour moi,
Si je l’accusais devant toi !