Skip to content
1860

REFUGE

Marceline DESBORDES-VALMORE

Il est du moins au-dessus de la terre Un champ d’asile où monte la douleur ; J’y vais puiser un peu d’eau salutaire Qui du passé rafraîchit la couleur.

Là seulement ma mère encor vivante Sans me gronder me console et m’endort ; Ô douce nuit, je suis votre servante : Dans votre empire on aime donc encor !

Non, tout n’est pas orage dans l’orage ; Entre ses coups, pour desserrer le cœur, Souffle une brise, invisible courage, Parfum errant de l'éternelle fleur !

Puis c’est de l’âme une halte fervente, Un chant qui passe, un enfant qui s’endort. Orage, allez ! je suis votre servante : Sous vos éclairs. Dieu me regarde encor !

Béni soit Dieu puisqu’après la tourmente, Réalisant nos rêves éperdus, Vient des humains l’infatigable amante Pour démêler les fuseaux confondus !

Fidèle mort ! Si simple, si savante ! Si favorable au souffrant qui s’endort ! Me cherchez-vous ? Je suis votre servante : Dans vos bras nus l’âme est plus libre encor !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
REFUGE · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove