Skip to content
1830

PRESSENTIMENT

Marceline DESBORDES-VALMORE

Une autre le verra, tendre et triste près d’elle, Vivre de ses regards, frissonner de sa voix, Lui demander la mort s’il la croit infidèle, Et, s’il s’en croit aimé, ce qu’il fut une fois ;

Ce qu’il est, quand mes yeux lui promettent mon âme ; Quand le doute et l’espoir l’approchent de mon cœur ; Quand il cherche un serment dans mes baisers de flamme, Quand il ne doute plus, soumis par le bonheur.

Le bonheur s’enfuira, ses ailes sont rapides ; Un jour nous pleurerons, sans nous calmer le soir : Cet adieu suspendu sur nos têtes timides, Il nous aura brisés du même désespoir.

Et comme moi, longtemps malheureux et fidèle, Quand il aura souffert tout ce qu’il peut souffrir, Une autre le verra tendre et triste près d’elle : Mon Dieu ! que de pensers consolent de mourir !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
PRESSENTIMENT · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove