Ah ! si j’étais le cher petit enfant Qu’on aime bien, mais qui pleure souvent, Gai comme un charme, Sans une larme,
J’écouterais chanter l’heure et le vent… (Je dis cela pour le petit enfant). Si je logeais dans ce mouvant berceau, Pour mériter qu’on m’apporte un cerceau,
Je serais sage Comme une image, Et je ferais moins de bruit qu’un oiseau… (Je dis cela pour l’enfant du berceau).
Ah ! si j’étais notre blanc nourrisson, Pour qui je fais cette belle chanson, Tranquille à l’ombre, Comme au bois sombre,
Je rêverais que j’entends le pinson… (Je dis cela pour le blanc nourrisson). Ah ! si j’étais l’ami des blancs poussins Dormant entre eux, doux et vivants coussins
Sans que je pleure, J’irais sur l’heure Faire chorus avec ces petits saints… (Je dis cela pour l’ami des poussins).
Si le cheval demandait à nous voir, Riant d’aller nager à l’abreuvoir, Fermant le gîte, Je crîrais vite :
« Demain l’enfant pourra vous recevoir »… (Je dis cela pour l’enfant qu’il vient voir). Si j’entendais les loups hurler dehors, Bien défendu par les grands et les forts,
Fier comme un homme Qui fait un somme, Je répondrais : « Passez, Messieurs, je dors !…» (Je dis cela pour les loups du dehors)
On n’entendit plus rien dans la maison Ni le rouet, ni l’égale chanson ; La mère ardente Fine et prudente,
Fit rendormie auprès de la cloison, Et suspendit tout bruit dans la maison.
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