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1830

PÈLERINAGE

Marceline DESBORDES-VALMORE

Pour aller en Galice Expier mes amours, Demain, sous un cilice, J’éteindrai mes beaux jours.

Ma fidèle servante, Ceignez-moi mon manteau ; Sa couleur représente La cendre du tombeau.

Adieu, ma chevelure, Tes nœuds sont trop pesants ; Je rends à la nature, D’inutiles présents.

La joie évanouie Laisse comme un remord ; Et, seule dans ma vie, Je suis triste à la mort.

Ma patronne m’appelle, Et, lasse de souffrir, Je m’en vais auprès d’elle Achever de mourir.

Sous mes pieds nus, sans doute, Le chemin sera dur ; Et je vois sur ma route La demeure d’Arthur.

Penché sur sa : fenêtre Dira-t-il : « Elle a froid ! » Et, sans me reconnaître, Priera-t-il Dieu pour moi ?

À mon pèlerinage, Dieu, prêtez votre appui ; Et placez un nuage Entre mon âme et lui !

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