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1860

LES CLOCHES ET LES LARMES

Marceline DESBORDES-VALMORE

Sur la terre où sonne l’heure, Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure. L’orgue sous le sombre arceau, Le pauvre offrant sa neuvaine,

Le prisonnier dans sa chaîne Et l’enfant dans son berceau ; Sur la terre où sonne l’heure. Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.

La cloche pleure le jour Qui va mourir sur l’église, Et cette pleureuse assise, Qu’a-t-elle à pleurer ?… L’amour.

Sur la terre où sonne l’heure, Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure. Priant les anges cachés D’assoupir ses nuits funestes

Voyez, aux sphères célestes, Ses longs regards attachés. Sur la terre où sonne l’heure, Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.

Et le ciel a répondu : « Terre, ô terre, attendez l’heure ! J’ai dit à tout ce qui pleure. Que tout lui sera rendu. »

Sonnez, cloches ruisselantes ! Ruisselez, larmes brûlantes ! Cloches qui pleurez le jour ! Beaux yeux qui pleurez l’amour !

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