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1860

LE SECRET PERDU

Marceline DESBORDES-VALMORE

Qui me consolera ? — « Moi seule, a dit l’étude ; « J’ai des secrets nombreux pour ranimer tes jours. » — Les livres ont dès lors peuplé ma solitude, Et j’appris que tout pleure, et je pleurai toujours.

Qui me consolera ? — « Moi, m’a dit la parure ; « Voici des nœuds, du fard, des perles et de l’or. » — Et j’essayai sur moi l’innocente imposture, Mais je parais mon deuil, et je pleurais encor.

Qui me consolera ? — « Nous, m’ont dit les voyages ; Laisse-nous t’emporter vers de lointaines fleurs. » — Mais, toute éprise encor de mes premiers ombrages, Les ombrages nouveaux n’ont caché que mes pleurs.

Qui me consolera ? — Rien ; plus rien ; plus personne. Ni leurs voix, ni ta voix ; mais descends dans ton cœur ; Le secret qui guérit n’est qu’en toi. Dieu le donne : Si Dieu te l’a repris, va ! renonce au bonheur !

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