Le voilà cet écrit qu’ont demandé mes larmes ;
Dont l’absence à mes jours a volé tant de charmes,
Dont l’attente partout attirait mes regards,
Dont j’écoutai deux ans la promesse charmante,
Que je voyais flottant dans de tristes hasards,
Enlevé par le sort aux soupirs d’une amante !
Le voilà sur mon cœur, et mon cœur n’entend rien ;
Mes yeux l’ont parcouru sans y revoir la vie ;
L’âme qui l’a tracé n’en fait plus un lien ;
L’âme qui le reçoit en regrette l’envie !
J’ai rêvé… j’en ai dû de plus doux au sommeil !
Hélas ! Je fus toujours crédule à l’espérance,
Il ne vient pas payer les tourments du réveil ;
Je fus aussi toujours sans force à la souffrance !
Et je ne reçois pas ce que j’avais perdu ;
Et le bonheur lui-même… ô secrète misère !
Étonnement d’un cœur avec lui trop sincère !
Pour qu’il soit le bonheur, je l’ai trop attendu.