Je sais lire, ô bonheur ! ô clarté ! je sais lire !
Ô paroles sans bruit qui consolent l’amour !
Sous mes regards émus cette lettre soupire,
Et jusque dans moi-même elle éveille le jour !
Science des enfants, quoi ! vous me rendez fière !
Doux phare de l’absence, errant miroir du cœur,
Et quoi ! vous m’apportez comme une autre lumière !
On croit donc tout apprendre en voyant le bonheur ?
Dans ces mots retrouvés la voix est répandue,
Cher absent dont le cœur palpite devant moi :
Oui, la feuille qui vole en silence attendue,
C’est ton cœur qui me cherche ; il parle comme toi !
Je lis, j’entends le ciel ; car le ciel est toi-même !
Ainsi, lorsque la crainte enchaînait nos deux voix,
Tes lèvres, sans parler, me disaient : « Que je t’aime ! »
Et ma bouche muette ajoutait : « Je te crois. »