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1830

LE BILLET

Marceline DESBORDES-VALMORE

Quand je t’écris à l’ombre du mystère, Je crois te voir et te parler tout bas ; Mais, je l’avoue, en ce lieu solitaire, Tout est tranquille, et mon cœur ne l’est pas,

Quand je t’écris. En vain j’écris : quand l’âme est oppressée, Le temps s’arrête : il n’a plus d’avenir. Non, loin de toi, je n’ai qu’une pensée,

Et mon bonheur n’est plus qu’un souvenir : En vain j’écris. Si tu m’écris, je vais t’attendre encore ; Mais si ton cœur n’est plus tel qu’autrefois,

Fais que toujours, fais que le mien l’ignore ! S’il est constant, dis un mot ; je le crois, Si tu l’écris.

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