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1830

LA SÉPARATION

Marceline DESBORDES-VALMORE

Il le faut, je renonce à toi ; On le veut, je brise ta chaîne. Je te rends tes serments, ta foi : Sois heureux, quitte-moi sans peine.

Séparons-nous… attends, hélas ! Mon cœur encor ne se rend pas ! Toi qui fus mes seules amours, Le charme unique de ma vie,

Une autre fera tes beaux jours, Et je le verrai sans envie. Séparons-nous… attends, hélas ! Mon cœur encor ne se rend pas.

Reprends-le ce portrait charmant Où l’amour a caché ses armes ; On n’y verra plus ton serment, Il est effacé par mes larmes !

Séparons-nous… attends, hélas ! Mon cœur encor ne se rend pas.

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