Skip to content
1830

LA PIQÛRE

Marceline DESBORDES-VALMORE

De ses fuseaux légèrement blessée, D’où vient qu’Isaure a regardé vers toi ? J’allais courir, à ses cris empressée, J’allais courir… mais tu cours mieux que moi.

Pourquoi tes yeux, pleins d’une pitié tendre, Sont-ils restés si longtemps sur les siens ? D’où vient qu’Isaure a paru les entendre ? Qu’ils me font mal sur d’autres que les miens !

Que je fus triste en la voyant sourire ! Que je tremblai quand tu soutins ses pas ! Tu la plaignais… Que n’ai-je osé te dire : « C’est moi qui souffre, et tu ne le vois pas ! »

Tu pris sa main, tu cherchas sa blessure, Pour la guérir, tu la couvris de fleurs ; C’étaient mes fleurs ! elle est mieux, j’en suis sûre. Pourquoi faut-il qu’il m’en coûte des pleurs !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LA PIQÛRE · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove