Les rumeurs du jardin disent qu’il va pleuvoir ;
Tout tressaille averti de la prochaine ondée ;
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,
Plains-tu l’absent aimé qui ne pourra te voir ?
Là bas, pliant son aile et mouillé sous l’ombrage
Banni de l’horizon qu’il n’atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux
Un ramier, comme toi, soupire de l’orage.
Laissez pleuvoir, ô cœurs solitaires et doux !
Sous l’orage qui passe il renaît tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ?
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous ?