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1830

L’ORAGE

Marceline DESBORDES-VALMORE

Dans sa course brûlante, Oh ! que la nuit est lente ! De sa lueur tremblante, Elle attriste l’amour.

J’entends gronder l’orage ; Il trouble mon courage. Ne reverront-ils pas le jour Mes yeux voilés de pleurs d’amour ?

Délire où je me plonge, Fuyez, jaloux mensonge ; Pourquoi m’offrir en songe La douleur dans l’amour ?

Ô moitié de mon âme, Tes yeux, remplis de flamme, Reviendront-ils, avec le jour, Tarir enfin mes pleurs d’amour !

Mais la tardive aurore Ne brille pas encore, Et les yeux que j’adore Sont fermés à l’amour.

L’orage en feu tourmente Et la nuit et l’amante : Ô toi, pour qui j’attends le jour, Me paîras-tu mes pleurs d’amour ?

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L’ORAGE · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove