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1860

L’ENTREVUE AU RUISSEAU

Marceline DESBORDES-VALMORE

L’eau nous sépare, écoute bien Si lu fais un pas, tu n’as rien. Voici ma plus belle ceinture Elle embaume encor de mes fleurs.

Prends les parfums et les couleurs, Prends tout… Je m’en vais sans parure. L’eau nous sépare, écoute bien : Si tu fais un pas, tu n’as rien.

Sais-tu pourquoi je viens moi-même Jeter mon ruban sur ton sein ? C’est que tu parlais d’un larcin. Et l’on veut donner quand on aime.

L’eau nous sépare, écoute bien : Si tu fais un pas, tu n’as rien. Adieu, ta réponse est à craindre, Je n’ai pas le temps d’écouter ;

Mais quand je n’ose m’arrêter, N’est-ce donc que toi qu’il faut plaindre ? Ce que j’ai dit, retiens-le bien : Pour aujourd’hui, je n’ai plus rien !

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