Skip to content
1830

L’ENFANT AU RAMEAU

Marceline DESBORDES-VALMORE

Prends ce rameau, jeune fille, Pour voiler tes frêles fleurs ; Porte-le dans ta famille ; Une eau sainte y roule et brille ;

Il est trempé de vrais pleurs. Sous l’oreiller de ton père, Glisse ce charme béni ; Par lui tout songe est prospère ;

Soit qu’on tremble ou qu’on espère, Par lui, tout mal est fini. Dis-lui qu’une pauvre femme De loin l’apporte aujourd’hui ;

Qu’elle est triste ! et que son âme Prie avec des vœux de flamme, Pour toi, sa fille ! et pour lui. Dis-lui que jamais l’orage

N’atteindra son jeune enfant, Et que les flots d’un autre âge Le berceront sans naufrage ; Car le rameau le défend !

Dis-lui de garder la cendre D’une moitié du rameau, Et que s’il peut y descendre, Il vienne un jour la répandre

Sur la paix de mon tombeau. Y joindras-tu, jeune fille, Une de tes frêles fleurs, Pour que Dieu dans ta famille

Où ta candeur chante et brille, Verse le prix de mes pleurs ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L’ENFANT AU RAMEAU · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove