Skip to content
1830

L’ATTENTE

Marceline DESBORDES-VALMORE

Quand je ne te vois pas, le temps m’accable, et l’heure A je ne sais quel poids impossible à porter ; Je sens languir mon cœur, qui cherche à me quitter ; Et ma tête se penche, et je souffre, et je pleure.

Quand ta voix saisissante atteint mon souvenir, Je tressaille, j’écoute… et j’espère immobile ; Et l’on dirait que Dieu touche un roseau débile ; Et moi, tout moi répond : « Dieu ! faites-le venir ! »

Quand sur tes traits charmants j’arrête ma pensée, Tous mes traits sont empreints de crainte et de bonheur ; J’ai froid dans mes cheveux ; ma vie est oppressée, Et ton nom, tout à coup, s’échappe de mon cœur.

Quand c’est toi-même, enfin ! quand j’ai cessé d’attendre, Tremblante, je me sauve en te tendant les bras, Je n’ose te parler, et j’ai peur de t’entendre ; Mais tu cherches mon âme, et toi seul l’obtiendras !

Suis-je une sœur tardive à tes vœux accordée ? Es-tu l’ombre promise à mes timides pas ? Mais je me sens frémir. Moi, ta sœur ! quelle idée ! Toi, mon frère !… ô terreur ! Dis que tu ne l’es pas !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L’ATTENTE · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove