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1860

INVITATION À LA VALSE

Marceline DESBORDES-VALMORE

L’air est brûlant, la valse tourne et vole, Le cercle fuit et s’agrandit là-bas ; Allons, madame, on a votre parole, On vous attend : ne valserez-vous pas ?

En paraissant vous êtes invitée, Tous les regards ont besoin de vos yeux. On a saisi vôtre main agitée, Et vous voilà jointe à l’essaim joyeux !

L’air est brûlant, la valse tourne et vole, Le cercle fuit et s’agrandit là-bas ; Allons, madame, on a votre parole, On vous attend : ne valserez-vous pas ?

Laissez vos fleurs sur les genoux des mères ; Fleurs, danse et feu, c’est trop pour la raison Les chauds parfums des bouquets éphémères, Trop près du cœur se changent en poison.

L’air est brûlant, la valse tourne et vole, Le cercle fuit et s’agrandit là-bas ; Allons, madame, on a votre parole, On vous attend : ne valserez-vous pas ?

Valsez, planez comme les tourterelles Planent le soir dans l’azur sombre et doux À votre essor on vous prendrait pour elles ; À leur blancheur on les prendrait pour vous !

L’air est brûlant, la valse tourne et vole, Le cercle fuit et s’agrandit là-bas ; Allons, madame, on a votre parole, On vous attend : ne valserez-vous pas ?

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