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1860

DANS L’ÉTÉ

Marceline DESBORDES-VALMORE

Un danger circule à l’ombre, Au chant de l’oiseau, Qui descend, dès qu’il fait sombre, Se plaindre au roseau.

Alors tout ce qui respire Se prend à rêver ; Et le ruisseau qui soupire Semble l’éprouver.

Partout les nids et les ailes Tremblent doucement, Dénonçant des tourterelles L’entretien charmant ;

L’été brûle avec mystère Dans les lits en fleurs Des seuls amants de la terre Sans blâme et sans pleurs.

Été, si trop jeune encore Pour fuir un danger. L’enfant rêveur que j’adore S’attarde au verger,

Laisse dans l’errante nue Ton charme cruel, Et sauve l’âme ingénue Du plaisir mortel !

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DANS L’ÉTÉ · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove