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1860

À UNE MÈRE QUI PLEURE AUSSI

Marceline DESBORDES-VALMORE

Qui sait si votre enfant qui flotte dans vos larmes, Dont votre cœur profond nourrit les jeunes charmes, ( Seul cœur qui de l’oubli le sauve et le défend) N’a pas, au seuil de Dieu, rencontré mon enfant ?

Qui sait si leurs mains d’ange, un moment réunies, N’ont pas pesé là-haut nos peines infinies, Et, pleurant de l’amour qu’on leur garde en ce lieu, N’ont pas compté nos pleurs pour les offrir à Dieu ?

Qui sait ! Je sais au moins qu’en vous voyant, Madame, Une tendre nouvelle a rafraîchi mon âme. Comme si mon enfant, puissante avec douceur, À mon deuil éternel amenait une sœur.

Si c’est sa volonté, qu’elle soit accomplie ! Rien ne relèvera notre destin qui plie. Mais dans le deuil d’amour qui vient de nous lier, Apprenons qu’il est doux de ne pas oublier !

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