Qui sait si votre enfant qui flotte dans vos larmes,
Dont votre cœur profond nourrit les jeunes charmes,
( Seul cœur qui de l’oubli le sauve et le défend)
N’a pas, au seuil de Dieu, rencontré mon enfant ?
Qui sait si leurs mains d’ange, un moment réunies,
N’ont pas pesé là-haut nos peines infinies,
Et, pleurant de l’amour qu’on leur garde en ce lieu,
N’ont pas compté nos pleurs pour les offrir à Dieu ?
Qui sait ! Je sais au moins qu’en vous voyant, Madame,
Une tendre nouvelle a rafraîchi mon âme.
Comme si mon enfant, puissante avec douceur,
À mon deuil éternel amenait une sœur.
Si c’est sa volonté, qu’elle soit accomplie !
Rien ne relèvera notre destin qui plie.
Mais dans le deuil d’amour qui vient de nous lier,
Apprenons qu’il est doux de ne pas oublier !