Bon captif, la fée Urgande
A-t-elle oublié vos chants ?
N’est-elle pas assez grande
Pour désarmer les méchants ?
Vers vous, quoique aussi petite,
Un peu tendre, un peu proscrite,
Et frêle comme un roseau,
Je volerais vite, vite,
Si j’étais petit oiseau !
Où se cache l’espérance,
Que vous attiriez des cieux ?
Longtemps elle a sur la France
Semé vos vers gracieux.
Pour la ramener au gîte
Où le puissant, qu’elle irrite,
Vous cache sous un réseau,
Je volerais vite, vite,
Si j ’étais petit oiseau !
Que dit la belle maîtresse
Qu’on aime à vous voir aimer ?
Pour l’objet de sa tendresse,
Oh ! qu’elle doit s’alarmer !
Comme, au réduit qu’elle habite,
Votre image qui l’agite
Tourne autour de son fuseau,
Je volerais vite, vite,
Si j’étais petit oiseau !