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1830

À M. DE BÉRANGER

Marceline DESBORDES-VALMORE

Bon captif, la fée Urgande A-t-elle oublié vos chants ? N’est-elle pas assez grande Pour désarmer les méchants ?

Vers vous, quoique aussi petite, Un peu tendre, un peu proscrite, Et frêle comme un roseau, Je volerais vite, vite,

Si j’étais petit oiseau ! Où se cache l’espérance, Que vous attiriez des cieux ? Longtemps elle a sur la France

Semé vos vers gracieux. Pour la ramener au gîte Où le puissant, qu’elle irrite, Vous cache sous un réseau,

Je volerais vite, vite, Si j ’étais petit oiseau ! Que dit la belle maîtresse Qu’on aime à vous voir aimer ?

Pour l’objet de sa tendresse, Oh ! qu’elle doit s’alarmer ! Comme, au réduit qu’elle habite, Votre image qui l’agite

Tourne autour de son fuseau, Je volerais vite, vite, Si j’étais petit oiseau !

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