Rive enchantée,
Berceau de mes amours,
Onde argentée,
Image des beaux jours,
Que ton cours est limpide !
Que ta fuite est rapide !
Ah ! pour mon cœur,
C’est l’adieu du bonheur.
Déjà ma lyre
Gémit dans les roseaux,
Et mon délire
A fait frémir tes eaux.
La naïade plaintive
Se penche sur la rive
Pour m’écouter,
Me plaindre, et m’arrêter.
Cette eau si belle
T’abandonne en courant ;
Moi, plus fidèle,
Je m’éloigne en pleurant.
Demain celui que j’aime
M’appellera lui-même.
Vœux superflus !
Je ne l’entendrai plus.
Ah ! dans ta course
Emporte mes tourments ;
Mais à ta source,
Retiens tous mes serments.
Si l’objet que j’adore
Vient m’y chercher encore,
Dis-lui qu'Amour
T’a promis mon retour.