Skip to content
1830

À DÉLIE

Marceline DESBORDES-VALMORE

Toi, dont jamais les larmes N’ont terni la beauté, Enveloppe tes charmes, Enchaîne ta gaîté ;

Que ta grâce divine, Sous un voile de deuil, S’abandonne et s’incline Sur le bord d’un cercueil !

Quitte cette guirlande Qui pare tes attraits ; Laisse-la pour offrande À ce jeune cyprès.

C’est ici le mélange Des roses et des pleurs ; C’est l’asile d’un ange : Qu’il dorme sous des fleurs !

Vois-tu, sous l’herbe tendre, Ce précieux tombeau ? Là mon cœur vient attendre Qu’on en creuse un nouveau.

Oui, mon fils, l’arbre sombre Qui se penche vers toi, En te gardant son ombre, Croîtra bientôt sur moi !

Toi, dont jamais les larmes N’ont terni la beauté, Ne voile plus tes charmes, Rappelle ta gaîté.

Adieu, belle Délie ! Je te rends au plaisir. Retourne vers la vie Et laisse-moi mourir.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
À DÉLIE · Marceline DESBORDES-VALMORE · Poetry Cove