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1922

XXXVIII

Tristan DERÈME

Dans la froideur de l'aube hivernale, il bruine Sur les palais branlants et les murs en ruine ; L'église où s'unissaient les myrrhes et les chants Croule ; sur les degrés pousse l'herbe des champs ;

Et les toits éventrés par les quartiers de roche S'effondrent ; le lierre aux gargouilles s'accroche. Dans la ville déserte, aux lueurs des flambeaux, Je pénètre et fouillant les caves, les tombeaux,

De l'aube au crépuscule et du soir à l'aurore, Éperdu, je me mêle au passé que j'adore, Et voici des miroirs, des perles, des colliers, Des anneaux précieux à tes doigts familiers,

Et des lis trépassés dont tu respiras l'âme. Et mon cœur de tristesse et de douleur se pâme En évoquant, parmi ces décombres, tes yeux ! Ah ! laisse-moi verser des pleurs silencieux.

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XXXVIII · Tristan DERÈME · Poetry Cove