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1922

XXXVII

Tristan DERÈME

Je revis doucement d'anciennes pensées, Et leur frêle pâleur d'estampes effacées, Ravivant les douleurs graves du souvenir, Fait encore mon rêve à ton rêve s'unir.

Tendres comme des fleurs, légers comme des plumes, Voici passer tous les plaisirs que nous élûmes ; Et mon cœur pénétré de leur triste parfum Pleure les jours enfuis et le charme défunt.

Ah ! que l'heure de joie et de bonheur renaisse, Dans la lumière, aux bleus décors de ma jeunesse, Où je dansais… Amour, et l'azur du matin Accueillait les oiseaux des songes ! — Le jardin

Dans le silence étend ses désertes allées, Et la rouille s'attaque aux vasques ciselées, Hélas ! — Et j'appartiens au passé radieux, À ces jours, à ces nuits qu'éclairaient tes beaux yeux,

Où mon cœur ignorant des tristesses moroses Était doux et léger comme un parfum de roses.

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