Skip to content
1922

XXIX

Tristan DERÈME

Les jours sont plats comme des soles Et la rouille a couvert mon cœur ; Mais tu parais et tu consoles Mon amertume, ô remorqueur !

Amour, nous sommes les chaloupes Vides sur le flot des hivers, Et nous rêvons de Guadeloupes Où rugissent des lions verts.

Là-bas, vibrent des promontoires Sous le cri de tigres ailés ; Et dans des champs de roses noires S'étirent des chats violets.

Des oiseaux sont couverts de feuilles ; Des plumes poussent dans les prés… Emmène-nous, toi qui recueilles L'espoir des rêves déchirés.

Amour, jette-nous tes amarres ; Vois nos larmes, entends nos cris. Les soirs dorment comme des mares Autour des cœurs endoloris.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.