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1922

XLVIII

Tristan DERÈME

Regarde le jardin abandonné, le banc, Et la tonnelle où tu pleuras au soir tombant, La grange, le balcon rouge, le massif plein de Grives, le gravier bleu sous les marronniers d'Inde.

Quand tu partis et que ton rire s'envola. J'eus le cœur gros comme un volume de Zola ; Mais te voilà ! — L'air est léger comme un sourire ; Ma tristesse fond devant toi comme une cire

Sur la lampe. Rentrons. La porte grince et les Volets. Veux-tu, soyons deux oiseaux envolés ! Nos regrets sont partis au grand trot des carrioles Cahotantes et nous ferons des cabrioles

Dans l'azur. Le fauteuil est là, dans l'ombre. J'ai Déboutonné tes gants et, bruyant comme un geai Des bois, je ne dirai que des mots d'allégresse. Vous pleurez ? Tu souris ? Est-ce de bonheur ? Est-ce ?

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