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1922

XCVIII

Tristan DERÈME

Mon Dieu, madame, il faut nous consoler Sans faire des gestes tragiques, Sans déclamer et sans râler Si le sort nous donne des gifles.

C'est un destin encore assez Banal qui nous désole et nous sépare, Qui m'offre ses bouquets glacés Et qui vous fait amère et pâle.

Laissez le sabre à la cloison Et l'aconit à l'officine, Car voyez-vous le fer et le poison C'est bien usé depuis Racine.

Hélas ! Pourquoi railler ainsi Nos seules choses éternelles ? Et chavirant au noir souci Je pleure en écrivant ces chansonnettes…

Mon Dieu, madame, il faut nous consoler Sans faire des gestes tragiques, Sans déclamer et sans râler Si le sort nous donne des gifles.

C'est un destin encore assez Banal qui nous désole et nous sépare, Qui m'offre ses bouquets glacés Et qui vous fait amère et pâle.

Laissez le sabre à la cloison Et l'aconit à l'officine, Car voyez-vous le fer et le poison C'est bien usé depuis Racine.

Hélas ! Pourquoi railler ainsi Nos seules choses éternelles ? Et chavirant au noir souci Je pleure en écrivant ces chansonnettes…

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