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1922

XCIII

Tristan DERÈME

Le soir pique à l'azur des grains de mimosa. Étoiles. Le collier qu'hier je nouais à Son col et qui tremblait sur sa gorge endormie Ne scintillera plus au cou de mon amie.

Je ne baiserai plus que dans mon souvenir Les roses que naguère elle aimait à cueillir Pour attacher leur pourpre aux nacres de ses peignes. Lune au plumage blanc, comme hier tu te baignes

Au lac bleu. Les pigeons roucoulent comme hier. Seul dans ce tendre soir je porte un cœur amer Et je sens aux frissons de l'air dans la tonnelle Sourire autour de moi la nature éternelle.

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XCIII · Tristan DERÈME · Poetry Cove