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1922

LVIII

Tristan DERÈME

Les souvenirs ce soir vibrent comme des mouchesLes souvenirs ce soir vibrent comme des mouches D'été. Rappelle-toi la fille aux jupons rougesD'été. Rappelle-toi la fille aux jupons rouges Qui portait une rose à son corsage ouvert Et qui gardait des cochons noirs dans un pré vert.

Elle chantait à pleine voix une romance Triste ; nous écoutions monter la plainte immense Et nous songions, le cœur morose comme un soir, Aux cochons du regret qui broutaient notre espoir.

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