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1922

CXXXIX

Tristan DERÈME

Je ne veux point gémir ni perdre la pensée Pour que ma Muse par la gloire balancée, Moi couché cependant dans les ténèbres calmes, Sur ses lauriers vivants goûte le vent des palmes,

Hymne perpétuel et doux, mais qui n'arrive À nul, même en écho, s'il a quitté la rive. Je me lève et tandis que l'infirmière m'aide À me vêtir, je songe à la belle Andromède.

Ainsi t'aurais-je plu, vierge d'Éthiopie ? Me voici plus léger qu'une plume de pie Et pour m'aller asseoir dans la tonnelle rousse, Sous chacun de mes bras je loge un gros Larousse,

Tant je crains que le vent qui raille sous ma porte Quand je traverserai le jardin ne m'emporte, Les pans de ma jaquette enflés comme des voiles, Et ne m'aille vivant mélanger aux étoiles.

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