Les nuages légers comme une laine grise Qui flottaient dans l'air frais frôlaient la lune rose, Et sous les arbres noirs de ce beau crépuscule Je baisais tristement ton visage tranquille,
Et les mains sur tes yeux je regardais la ferme Qui fumait et voguait sur les flots de luzerne. Image des départs vers d'autres aventures ! Cieux inconnus ; baisers nouveaux ; vieilles guitares.
Les trois ruches dormaient, mais des meules de paille Les étoiles montaient comme un essaim d'abeilles Ou comme d'une enclume un bouquet d'étincelles ; Et notre amour n'était plus qu'ombre et feuilles sèches.
Pourquoi voulais-je fuir, déjà plein d'amertume Et de regrets, moi qui t'aimais et moi qui t'aime, Mais avide en mes bras de presser d'autres rêves, Quoique assuré du vain voyage vers des rives
Vaines ? Le soir sentait la verdure et les pommes Et tes cheveux se dénouaient sur tes épaules. Le navire fleuri m'allait porter à l'île Élue : arbres légers, eau lente, libellules.
Mais je pleurais sur le morose embarcadère Ces soirs qui sentaient les pommes et la verdure Et pressant sur mon cœur le paquet de tes lettres En songe je buvais mes larmes sur tes lèvres.
Je ne reviendrai pas rêver dans la luzerne Ni boire amèrement la tristesse nocturne Dans le verger paisible à côté des trois ruches Où je baisais ta bouche en tenant tes mains fraîches,
Je ne reviendrai pas, et coule la rivière Et le vent souffle, à moins qu'un soir je ne revienne… Les nuages légers comme une laine grise Qui flottaient dans l'air frais frôlaient la lune rose,
Et sous les arbres noirs de ce beau crépuscule Je baisais tristement ton visage tranquille, Et les mains sur tes yeux je regardais la ferme Qui fumait et voguait sur les flots de luzerne.
Image des départs vers d'autres aventures ! Cieux inconnus ; baisers nouveaux ; vieilles guitares. Les trois ruches dormaient, mais des meules de paille Les étoiles montaient comme un essaim d'abeilles
Ou comme d'une enclume un bouquet d'étincelles ; Et notre amour n'était plus qu'ombre et feuilles sèches. Pourquoi voulais-je fuir, déjà plein d'amertume Et de regrets, moi qui t'aimais et moi qui t'aime,
Mais avide en mes bras de presser d'autres rêves, Quoique assuré du vain voyage vers des rives Vaines ? Le soir sentait la verdure et les pommes Et tes cheveux se dénouaient sur tes épaules.
Le navire fleuri m'allait porter à l'île Élue : arbres légers, eau lente, libellules. Mais je pleurais sur le morose embarcadère Ces soirs qui sentaient les pommes et la verdure
Et pressant sur mon cœur le paquet de tes lettres En songe je buvais mes larmes sur tes lèvres. Je ne reviendrai pas rêver dans la luzerne Ni boire amèrement la tristesse nocturne
Dans le verger paisible à côté des trois ruches Où je baisais ta bouche en tenant tes mains fraîches, Je ne reviendrai pas, et coule la rivière Et le vent souffle, à moins qu'un soir je ne revienne…
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