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1922

CXLII

Tristan DERÈME

Philippe, vous tiriez les lapins de garenne Dans les prés jaunes de Cazères-sur-Garonne (Canton dudit, arrondissement de Muret) Aux jours lointains où dans les saules murmurait

Cet air sec et brûlant qui fripait le feuillage. Une hirondelle sur l'aiguille de l'horloge Se posait et dormait en laissant pendre ses Ailes noires, tableau charmant, et je passais

Devant l'église avec vous et la chienne lasse Qui buvait à l'ornière et tirait sur sa laisse En revenant de la chasse, et nous demeurions Sur la place où grinçaient déjà quelques grillons

À regarder les deux clochers de brique pâle Et rose. Sous l'oiseau noir l'aiguille immobile À six heures marquait encor deux heures moins Le quart. Odeur des bois, de la terre et des foins,

Odeur des coudriers au bord du fleuve amère Et visqueuse, c'est vous que je me remémore En arrêtant ce soir l'aiguille de mes jours Sur les lapins roulant dans l'herbe et les labours.

Philippe, vous tiriez les lapins de garenne Dans les prés jaunes de Cazères-sur-Garonne (Canton dudit, arrondissement de Muret) Aux jours lointains où dans les saules murmurait

Cet air sec et brûlant qui fripait le feuillage. Une hirondelle sur l'aiguille de l'horloge Se posait et dormait en laissant pendre ses Ailes noires, tableau charmant, et je passais

Devant l'église avec vous et la chienne lasse Qui buvait à l'ornière et tirait sur sa laisse En revenant de la chasse, et nous demeurions Sur la place où grinçaient déjà quelques grillons

À regarder les deux clochers de brique pâle Et rose. Sous l'oiseau noir l'aiguille immobile À six heures marquait encor deux heures moins Le quart. Odeur des bois, de la terre et des foins,

Odeur des coudriers au bord du fleuve amère Et visqueuse, c'est vous que je me remémore En arrêtant ce soir l'aiguille de mes jours Sur les lapins roulant dans l'herbe et les labours.

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