Pour le bonheur, dont le pipeau Module plus doux que la gloire, Prends ta massue et ton chapeau ; Mais c'est toujours la même histoire.
Des fleurs sur l'onde et les agrès ; Un vol de neige au bleu s'élance, Et sur les flots au loin dorés Le blanc navire se balance.
Faites sonner les beaux clairons Des roses s'ouvrent aux antennes ; Les astres nous les cueillerons, Là-bas, au ras des mers lointaines.
Et le vaisseau navigue sur L'eau claire où se mirent les voiles Et là-bas les rameaux d'azur Inclinent des grappes d'étoiles.
Quel vent arrache les bouquets Et bat la mer creuse et terrible ? Les bateaux sont entrechoqués Comme des graines dans un crible.
Quelles sont ces montagnes d'eau Et ces tonnerres d'avalanches ? Mon pauvre ami, que tu es beau Sous ces trombes vertes et blanches.
L'ouragan hurle et tord les mâts ; Le vaisseau grince, tangue et roule, Et l'oiseau bleu que tu aimas Il est noyé comme une poule.
Et maintenant tu peux t'asseoir Au milieu des lambeaux des voiles ; Ce n'est pas encore ce soir Que l'on décroche les étoiles.
Alors on pleure la saison Pleine de nids et de dimanches, La glycine sur la maison Et la rivière sous les branches.
On s'en revient bien tristement Sans sa valise d'espérance ; On s'en revient comme je m'en Reviens vers l'ombre et le silence.
Plus de voyages et que l'on Jette ma cuirasse et ma pique ! Mon cœur n'est plus qu'un violon Sous un archet mélancolique.
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