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1922

CIV

Tristan DERÈME

Jardin mouillé, chantons encore ce poème. L'averse a secoué la vigne et le troène, Et le soleil, dorant le désastre des roses, Allume aux noisetiers de vives émeraudes.

L'air tiède et langoureux qui souffle dans son fifre Chasse vers le coteau les nuages en cuivre. La pelouse scintille à travers ma fenêtre. En robe blanche et bleue, elle rit sous le cèdre

Et trempe ses pieds nus dans l'eau de la fontaine ; Puis elle ouvre, doux cœur, ses ciseaux à dentelle Et sur le sable vert près des tulipes jaunes, Guette les escargots et leur coupe les cornes.

Jardin mouillé, chantons encore ce poème. L'averse a secoué la vigne et le troène, Et le soleil, dorant le désastre des roses, Allume aux noisetiers de vives émeraudes.

L'air tiède et langoureux qui souffle dans son fifre Chasse vers le coteau les nuages en cuivre. La pelouse scintille à travers ma fenêtre. En robe blanche et bleue, elle rit sous le cèdre

Et trempe ses pieds nus dans l'eau de la fontaine ; Puis elle ouvre, doux cœur, ses ciseaux à dentelle Et sur le sable vert près des tulipes jaunes, Guette les escargots et leur coupe les cornes.

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