Skip to content
1922

CIII

Tristan DERÈME

T'en souviens-tu (comme on écrit dans les romances) T'en souviens-tu de ce dimanche des dimanches Où nous avons erré sous les mornes platanes Après l'azur et la poussière et la chaleur ?

Souvenirs, souvenirs, venez qu'on vous rétame, C'est moi qui suis le rétameur ! Ah ! malgré qu'on veuille sourire, Moi, j'ai des larmes plein le cœur

Et je m'en vais à la dérive. Cette musique au loin et ces bouffées de cuivre, Polka pour deux pistons et grands airs d'opéra La Favorite, l'Africaine, et cétéra…

La même lune va reluire Et refléter son cristal nacarat Dans l'eau chaude du fleuve. Un vent tiède se prit à remuer les feuilles.

Tes mains étaient pleines de larmes. Les tramways en passant t'éclairaient le visage. Près d'un café pleurait une aigre clarinette. Un grand magnolia balançait ses fleurs blanches,

Et la lune pendait aux branches, Douce lanterne japonaise. T'en souviens-tu (comme on écrit dans les romances) T'en souviens-tu de ce dimanche des dimanches

Où nous avons erré sous les mornes platanes Après l'azur et la poussière et la chaleur ? Souvenirs, souvenirs, venez qu'on vous rétame, C'est moi qui suis le rétameur !

Ah ! malgré qu'on veuille sourire, Moi, j'ai des larmes plein le cœur Et je m'en vais à la dérive. Cette musique au loin et ces bouffées de cuivre,

Polka pour deux pistons et grands airs d'opéra La Favorite, l'Africaine, et cétéra… La même lune va reluire Et refléter son cristal nacarat

Dans l'eau chaude du fleuve. Un vent tiède se prit à remuer les feuilles. Tes mains étaient pleines de larmes. Les tramways en passant t'éclairaient le visage.

Près d'un café pleurait une aigre clarinette. Un grand magnolia balançait ses fleurs blanches, Et la lune pendait aux branches, Douce lanterne japonaise.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CIII · Tristan DERÈME · Poetry Cove