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1870

LA CHARGE DES ZOUAVES PONTIFICAUX

Albert DELPIT

Trois cents canons lançaient la mort sur nos soldats. Le général sentit qu'on n'en sortirait pas, Si l'on n'enlevait point les pièces meurtrières, Car ses divisions mourraient là tout entières.

Charette appelle alors ses zouaves de Dieu, Qui sous le fer ardent, sous la mort, sous le feu, Dévorent en chargeant l'épouvantable espace. Le canon tire. Un quart tombe, le reste passe.

La lutte recommence ainsi qu'auparavant ; Charette leur a dit : Pour la France, en avant ! Le canon tire encor ! n'importe ! il faut le prendre, Et bientôt les Maudits ne songent qu'à se rendre,

En regardant contre eux s'élancer et courir Ces quatre cents héros qui partent pour mourir ! Ils prirent les canons avec la baïonnette. Le soir, on fit l'appel : Écoutez bien !

— Charette ? — Blessé. — Troussures ? — Mort.

Quel nombre vit encore ? Sur quatre cents : un tiers ; car tout le reste est mort… Lorsque je vois ceci, quand je pense à ces hommes, Qui, dans l'effondrement plein d'horreur où nous sommes,

Sont tombés à vingt ans comme les vieux croisés, Apportant au combat leurs christs fleurdelisés, Je songe à ce qu'ont fait d'AUTRES pour la Défense, Quand Charette et les siens auraient sauvé la France !

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