Tu n'es pas encore ai passé.
Ta présence est toujours près de nous, bien vivante,
Et, comme un trésor amassé,
Nous t'avons là, debout dans ta force émouvante ?
Mais l'année avance sans toi.
Quand elle finira, ce sera la dernière
Où tu vécus… Dans quelle ornière
Es-tu couchée, au fond du grand silence froid ?
L'an prochain, reviendra la date
De ta mort. ce sera déjà bien plus lointain.
Et, puisqu'il faut qu'on s'acclimate,
Plus de surprise au fond de notre cœur atteint.
Le temps passera. L'habitude
Est un miracle lent qui réussit toujours.
Par quelque soir de lassitude
Nous dirons : "Jacqueline et les anciens beaux jours"
Puis cela deviendra : naguère.
Nous ne saurons plus bien la date. C'est ainsi.
Et puis plus rien. Car, nous aussi,
Nous serons allongés dans le froid de l'ornière.