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1908

VISAGES

Lucie DELARUE-MARDRUS

Nous avons admiré la campagne infinie Et les monts bien boisés de la riche Oranie. Nous avons fréquenté sa ville capitale Sur laquelle la mer indolente s’étale.

Tout le pays vivait dans l’abondance et l’aise, Comme, en terre d’Afrique, une belle Française. Mais nous savions comment la province s’ensable Vers le Sud, dans l’horreur du soleil implacable.

Et que la vie y garde encore le visage D’une Bédouine âpre, efflanquée et sauvage.

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