Ce jour d'été qui ne finissait pas Sombre enfin dans un crépuscule magnifique, Ce jour d'été qui ne finissait pas. Viens ma camarade mélancolique,
Mon âme ! Et hantons les campagnes pas à pas. Viens ma camarade mélancolique ! La crudité des matins et midis Éclaboussait de trop de soleil notre rêve,
La crudité des matins et midis. Mais voici qu'une aube étrange se lève Au cœur de l'horizon où le soleil descend ; Mais voici qu'une aube étrange se lève !
Son jour est une allusion au sang ; C'est une pourpre douce et tiède qui nous baigne ; Son jour est une allusion au sang. C'est de l'ombre qui s'étale et qui saigne,
Où s'éveille le chœur de tous les lamentos ; C'est de l'ombre qui s'étale et qui saigne. Les revenants y traînent leurs manteaux, On y entend un frôlement de bêtes tristes ;
Les revenants y traînent leurs manteaux. Oh ! les crapauds et leurs goîtres flûtistes Et les chats-huants y appelant au secours ! Oh ! les crapauds et leurs goîtres flûtistes !
C'est le réveil des bizarres amours, Des sourds repentirs, des solitaires suicides, C'est le réveil des bizarres amours. L'aube inverse des rêveurs illucides
Pleurant des chagrins faux avec des sanglots vrais, L'aube inverse des rêveurs illucides. Et nous, nous y crierons, qui tordons vers l'Après Dans un geste impuissant nos poignes déicides ;
Et nous, nous y crierons, qui tordons vers l'Après Notre cœur gros d'angoisse et de mauvais secrets.
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