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1905

VERTIGE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Au milieu des Figures colossales Où demeurent les quatre horizons Éternellement indéfinis des sables, Je passe toute seule et je perds la raison.

Sphinx ! Sphinx ! je viens à vous ; je suis toute petite ;Sphinx ! Sphinx ! je viens à vous ; je suis toute petite ; En me haussant, je n'atteins pas vos griffes ;En me haussant, je n'atteins pas vos griffes ; Votre ombre est grande autour de vous comme la nuit… Pourquoi mon cœur sent-il que tout lui nuit

Hors d'ici, hors d'ici, dans la vie et l'ennui ? Pourquoi veux-je allonger mes vertèbres Dans les sarcophages de bois, Mourir debout dans ceux qu'on voit

Dressant dans les recoins leur grand œuf funèbre ? Ah ! je suis dans la mort, je suis ici chez moi :Ah ! je suis dans la mort, je suis ici chez moi : La Déesse est assise entre les griffes !La Déesse est assise entre les griffes ! La Déesse est couchée au fond des sarcophages !

La Déesse est sur tous les éternels visages ! Elle circule, elle palpite, je la sens… — Égypte, à moi ! J'ai la Déesse dans le sang !

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