La nuit tombante est pure et douce, comme une âme
Qui s'endort balancée aux arbres du dehors ;
Et toi tu t'assoupis aussi d'âme et de corps
Au creux des oreillers où ton bien-être pâme.
Mais, demi-jour dans la demi-obscurité,
La veilleuse au plafond brûle pour que tu dormes
Parmi le ballet noir des revenants informes
Que crée, au long des murs, son rayon écourté,
Afin qu'en dilatant tes grands yeux taciturnes,
Si quelque réveil brusque en sursaut vient t'asseoir,
Tu puisses terminer ton rêve étrange, à voir
Ces apparitions de tes heures nocturnes.