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1902

VEILLEUSE

Lucie DELARUE-MARDRUS

La nuit tombante est pure et douce, comme une âme Qui s'endort balancée aux arbres du dehors ; Et toi tu t'assoupis aussi d'âme et de corps Au creux des oreillers où ton bien-être pâme.

Mais, demi-jour dans la demi-obscurité, La veilleuse au plafond brûle pour que tu dormes Parmi le ballet noir des revenants informes Que crée, au long des murs, son rayon écourté,

Afin qu'en dilatant tes grands yeux taciturnes, Si quelque réveil brusque en sursaut vient t'asseoir, Tu puisses terminer ton rêve étrange, à voir Ces apparitions de tes heures nocturnes.

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