Entre nous il n'est plus d'échange.
Je parle, elle ne m'entend point.
Je l'aime, amitié sans mélange,
Mais elle n'en a plus besoin.
Elle, si proche de notre âme,
Est morte à toute affection.
Elle n'a de souffle et de flamme
Qu'en notre imagination.
Il faut qu'elle soit recréée.
Seul, le souvenir la maintient.
Sans nous, elle ne serait rien
Qu'une pourriture enterrée.
Morte. Elle n'a plus d'avenir.
Rien qu'un passé dans nos mémoires.
Plus de bonheur, plus de déboires,
Reflet que le temps va ternir.
Et nous tous qui l'avons connue
Ce sera, quand nous serons morts,
Comme si sur la terre, alors,
Elle n'était jamais venue.