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1908

UTIQUE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Le bonheur monotone et grave de l’espace Nous laissa souvent seuls avec les horizons Où rôdait au couchant notre âme jamais lasse De voirie beau soleil sombrer dans les moissons.

Le soir nous attirait vers les plaines d’Utique Où les blés infinis se mouraient de chaleur, Où, le long des sentiers, le sol trois fois antique Ne nourrissait plus rien que des chardons en fleur.

Et, quand la nuit subite avait éteint la plaine. En rentrant on voyait dans le faux poivrier Qui longe la maison solitaire, briller En face du couchant fini, la lune pleine…

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