D'avoir longtemps couché ma tête parmi l'herbe
Comme une pierre dans le pré,
J'ai connu l'hésitante aurore et la superbe
Du soir largement empourpré.
J'ai connu le secret des saisons successives
Dans leur sommeil ou leur élan,
Les printemps incertains, les automnes lascives,
Et l'été rouge et l'hiver blanc.
J'ai connu le secret de l'arbre qui bourgeonne,
De l'insecte doré qui court,
Celui que le ramier roucoule à sa pigeonne,
Le secret naturel, l'Amour.
Vivante, j'ai connu ce mot de la lumière,
Mais je ne sais pas tout encor.
— Quand mon front blanchira sous l'herbe, triste pierre,
Saurai-je le mot de la mort ?