Skip to content
1905

Lucie DELARUE-MARDRUS

Abstraction ! horreur et douceur des fronts las ! Dans le silence et l'invisible de l'espace, Je dresse tout debout tes églises de glace Et les dédie au nom qu'on ne prononce pas.

Que votre geste haut comme un monstrueux arbre, Babels, tours d'arrogance et de punition, Tâche d'atteindre avec son métal et son marbre A mes froids monuments d'interrogation !

Les baumes du passé brûlaient la nuit profonde : Si leur présente cendre, épouvantant les soirs, Déborde des trépieds renversés sur le monde Et de l'extinction lente des encensoirs,

Ah ! qu'il ne reste plus que mes mains rituelles Pour âprement s'ouvrir dans le ciel inouï ! Tout le désir vers toi monte encore avec elles, Adonaï ! Adonaï ! Adonaï !…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
△ · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove